Traverser un deuil avec un chaman...

Publié le par Rémi Remoussenard

Le deuil fait malheureusement partie des expériences que chacun de nous traverse un jour ou l'autre... Dans notre culture, la mort  étant le plus souvent déplacée vers les hôpitaux, et donc éloignée de notre quotidien, sa venue nous atteint d'autant plus fortement... La prédominance du matérialisme ajoute encore à la douleur, la perte semblant souvent définitive... Il en va autrement dans les cultures chamaniques, et un chaman, voyageur dans le monde des esprits, peut apporter beaucoup à la personne endeuillée...

Le deuil n'affecte pas que ceux qui restent

Lorsqu'une personne décède, et qu'un de ses proches en est particulièrement affecté, leurs  esprits (ou âmes) peuvent se retrouver comme face à face de chaque côté d'une vitre. Ni le défunt, ni la personne qui reste, ne peuvent poursuivre leurs chemins. Le chemin du défunt doit pourtant se poursuivre vers la hauteur et la lumière, tandis que le vivant doit continuer à gérer sa vie terrestre. Le deuil est alimenté par l'attachement entre les deux personnes, leur tristesse, et cela devient, plus qu'une relation, une entrave commune...

Sortir du deuil n'est pas couper les ponts

C'est au contraire avoir la bienveillance de libérer chaque personne. Et si les âmes sont connectées, alors peu importe la distance, la communication est illimitée. Et puis, qui sait, il reste l'éternité pour se retrouver...

Aider le défunt à trouver son chemin

Le premier travail du chaman consistera à aider le défunt, qui peut être particulièrement déstabilisé par sa situation, à retrouver son chemin d'évolution. Le chaman va partir dans un voyage au tambour pour retrouver cette âme et l'accompagner jusqu'à ce que d'autres âmes (la plupart du temps de défunts proches, souvent entrevus avant le décès) l'accueillent et le guident. Actuellement, le matérialisme ambiant, ainsi que l'absence de pratique spirituelle en lien avec la mort, ont pour conséquence la stagnation de beaucoup d'âmes défuntes dans un niveau bas, obscur, sombre et épais, qui peut-être assimilé au purgatoire. Il est particulièrement important d'aider à la traversée de cette zone. C'est ce que l'on nomme le travail de psychopompe, ou encore de passeur d'âme.

Prendre en charge la tristesse des personnes

Mon père évoquait la veillée des morts telle qu'elle se pratiquait encore dans sa jeunesse, et les pleureuses qui y étaient conviées. Ces femmes venaient verser de chaudes larmes auprès du corps. Si on y voit maintenant un folklore désuet, cette pratique avait en fait pour but d'évacuer la tristesse du défunt et des vivants. C'est aussi le but du voyage d'accompagnement de l'âme du défunt, le chaman endossant alors son "rôle de paratonnerre", prenant la tristesse en charge, pour l'évacuer.

Soigner la personne endeuillée

Afin de libérer la personne endeuillée, je pratique ensuite sur elle un soin classique (voir Les soins chamaniques). Le décès d'un proche est déstabilisant, et crée une fragilité propice aux pertes de morceaux d'âme et aux parasites (voir Le puzzle de l'esprit).  

Et pour la personne en fin de vie?

Le chaman peut accompagner, de manière légère, la personne en fin de vie afin qu'elle ait un aperçu de ce qu'elle va rencontrer lors de son passage. Ainsi le départ sera plus serein, et la personne aura toutes ses chances de trouver seule son chemin dans l'autre monde...

Nos ancêtres, qui nous ont précédé sur terre, ont préparé le terrain pour notre venue en ce monde, et nous y ont accueilli... De même, ceux qui nous ont précédé dans la mort seront là pour nous y accueillir...

 

 

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Agnès PRETOT 06/02/2018 08:17

Très bon article sur la mort et le deuil. Et très bien aussi le tableau de Jérôme Bosch pour l'illustrer!

Rémi 06/02/2018 09:27

Merci Agnès!